Balade au coeur des châteaux du Médoc

Publié le 4 Juin 2026

Jacqueline nous a fait le très grand plaisir d'organiser une visite des domaines de ses amis médocains. La description ci-dessous est grandement inspirée de ses écrits remis à chaque participant.

Le vignoble du Médoc se situe entre l'océan Atlantique et la rive gauche de l'estuaire de la Gironde, il occupe une étroite bande de 2 à 5 kms de large sur environ 80 kms de long et couvre environ 16500 ha. Le climat est de type océanique, chaud et humide avec parfois des vents assez violents. La forêt a un rôle primordial dans la protection du vignoble. 

Le Médoc est une succession de croupes (petites collines) de graves séparées par de minuscules vallées abritant des jalles (ruisseaux) servant de frontières aux différentes appellations. Plusieurs types de sols : les croupes graveleuses (buttes de galets, graviers et sables, structure drainante, pouvant mesurer entre 4 et 10 mètres d'épaisseur), les argiles et marnes (riches en silice et en matière organique, retenant l'eau, donne des vins puissants), les sables et alluvions.

Les appellations : régionales (Médoc, Haut-Médoc), communales (Saint-Estèphe, Pauillac, Saint-Julien, Margaux, Moulis, Listrac). Deux autres appellations régionales sont utilisées pour les vins blancs : Bordeaux et Bordeaux supérieur.

Vins d'assemblage, essentiellement rouges. Les cépages sont le cabernet-sauvignon et le merlot en majorité auxquels s'ajoutent en faibles proportions le cabernet franc, le petit verdot et rarement le carménère. Pour les vins blancs : sauvignon blanc, sémillon, muscadelle.

La classification officielle en 5 crus :  décidée par Napoléon III à l'occasion de l'Exposition Universelle à Paris, à partir des prix de vente qui correspondaient à la qualité des vins. Ce classement est toujours d'actualité, excepté Mouton qui fut classé 1er cru en 1973. Les crus dits "bourgeois" furent classés en 1932.

Le cahier des charges : densité des pieds de vignes de 6000 à 10000 pieds/ha, les raisins doivent parvenir de parcelles délimitées par l'INAO, taille Guyot simple ou double, égrappage obligatoire, surpressurage interdit, rendement maximal de 48 hl/ha.

 

Lundi 25 mai : Arrivée à l'hôtel Pavillon Margaux.

A quelques pas de l'hôtel,  nous allons dîner au Wine bar, où Jacqueline nous offre généreusement les vins.

Nous goûtons un très joli vin blanc, plutôt rare dans cette région, Château Fonréaud Le Cygne 2023 Listrac, appellation Bordeaux.

 

 

Mardi 26 mai 

Château Vieux Robin à Bégadan où nous sommes accueillis par Maryse Roba. Depuis 1840, cinq générations de vignerons se sont succédées, union du château les Anguilleys et du château Vieux Robin en 1950. Domaine familial géré par Maryse, Didier son époux aujourd'hui décédé et leur fils Olivier. Le vignoble s'étend sur 20 ha, les vignes ont en moyenne plus de 40 ans. Environ 60% plantées en cabernet-sauvignon, 35% de merlot, le reste partagé entre cabernet franc et petit merlot.

Le domaine commercialise 4 vins : "château Vieux Robin", cru bourgeois qui représente 70% de la production, "château Les Anguilleys", "Classique de Vieux Robin" 2ème vin du château, assemblage de parcelles plus jeunes et "Blanc de Lunier" (100% sauvignon).

 

 

 

La dégustation : Maryse nous fait goûter 5 millésimes du "Château Vieux Robin" : 2023, 2021 , 2016, 2012 et 2006 (collection papillons). 

 

 

Nous quittons l'AOC Médoc pour entrer dans l'aire de l'AOC Haut-Médoc, au Château Sociando-Mallet à Saint-Seurin de Cadourne. Depuis le 17ème siècle, Sociando-Mallet occupe la butte de Baleyron, un des plus beaux terroirs de graves du Médoc, au nord de Pauillac. Après avoir appartenu à de nombreux propriétaires et connu un certain délabrement, le domaine alors de 5 ha, sans chai, est acheté en 1969 par Jean Gautreau. Ce sont aujourd'hui 83 ha de vignes qui sont gérés par sa fille Sylvie. L'encépagement est constitué de 42% de cabernet sauvignon, 54% de merlot et 4% de cabernet franc. La vinification est faite de façon traditionnelle, avec des levures indigènes. Après fermentation, les lots destinés au Château Sociando-Mallet sont entonnés dans des barriques neuves de chêne français pour un élevage de 12 mois environ. Les lots destinés au deuxième vin, "La demoiselle de Sociando-Mallet", sont élevés en barriques neuves pour le quart du volume seulement.

En 2003, Jean Gautreau refusa de participer au classement des crus bourgeois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes reçus par François Hugueniot, directeur du château. Après une visite du domaine, il nous invite à goûter la Demoiselle de Sociando-Mallet 2017. Ce vin est produit par les plus jeunes vignes de la propriété (20 ha) et par les parcelles dont la nature de sol est la plus favorable à la production de très bons merlots qui entrent pour moitié dans l'assemblage de ce vin. L'élevage se fait pour majeure partie en cuve, le quart du volume est élevé en barriques neuves. Ce vin tire son nom d'une espèce de libellule qui vit dans le Médoc.

Nous sommes ensuite conviés à déjeuner dans une très jolie salle. Nous dégustons un Château Sociando-Mallet 2015, puis 2012, vins de longue garde. Notre hôte a la gentillesse de nous offrir une bouteille "cuvée Jean Gautreau". Depuis 1995, après avoir noté chacune des 60 barriques,  se fait une sélection d'une quinzaine des meilleures d'entre elles qui sont ensuite assemblées et mises en bouteilles dans des flacons spéciaux, plus longs et de couleur brune. Ce vin contient plus de cabernet sauvignon.

 

Nous quittons l'appellation Haut-Médoc pour rejoindre l'AOC Saint-Estèphe, château Haut-Marbuzet. Fondé en 1770, ce domaine est acquis en 1952 par Hervé Duboscq, rejoint 10 ans plus tard par son fils Henri. Les vignes s'étendent sur 76 ha plantés de 55% de merlot (plantés sur argile bleue), 40% de cabernet-sauvignon, 3% de cabernet franc et 2% de petit verdot. La vendange de raisins légèrement surmûris est réalisée à la main, à partir d'une sélection parcellaire. Henri Duboscq et ses fils Hugues et Bruno vinifient de manière traditionnelle à l'aide de levures indigènes et vieillissent leur vin en fûts de chêne neufs pendant 15 à 18 mois. Considéré comme le plus bourguignon des vins du Bordelais, le château Haut-Marbuzet a été consacré Cru Bourgeois Exceptionnel lors de la révision du classement des crus bourgeois en juin 2003.

Henri Duboscq, travailleur acharné, a été le premier à ouvrir les portes de son château à ses clients dans les années 1980.

Hugues Duboscq nous accueille et nous fait visiter son domaine. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il nous convie ensuite à goûter 5 millésimes de Château Haut-Marbuzet : 2025 (mis en bouteille pour une dégustation de professionnels), 2024 sur barrique, 2023, 2022 et 2021.

 

La journée n'est pas terminée . Charles Thuillier, directeur de l'hospitalité, nous attend chez Lynch Bages. Cinquième grand cru classé sur l'appellation Pauillac, le château appartient à la famille Cazes depuis 3 générations. Le vignoble d'une centaine d'hectares s'étend sur des croupes graveleuses. Il est composé à 73% de cabernet-sauvignon, 15% de merlot, 10% de cabernet franc et 2% de petit verdot. Une parcelle est consacrée aux cépages blancs depuis 1988.

En juillet 1973, Jean-Michel Cazes, figure emblématique du domaine, s'installe à Pauillac avec son épouse et leurs quatre enfants. Son père, assureur et maire de Pauillac, lui confie la tâche de s'occuper des vignes. L'ancien ingénieur de chez IBM va débuter la modernisation des châteaux Lynch-Bages et Ormes de Pez. Sollicité en 1987 par Axa, il participe à la construction d'Axa-Millésimes qu'il dirigera pendant 14 ans. Il acquiert de nouvelles propriétés : Villa Bel-Air dans les Graves, la Livinière dans le Languedoc rebaptisée l'Ostal Cazes puis le domaine des Sénéchaux à Châteauneuf-du-Pape. Il était un véritable précurseur qui avait anticipé les changements dans les habitudes de consommation, le rôle décisif des crus classés dans l'ouverture de nouveaux marchés, le potentiel des marchés américains et asiatiques ... il confia un flacon à Patrick Baudry qui l'emporta dans l'espace.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes invités à visiter le nouveau chai dessiné par Chien Chung Pei, d'une modernité et d'une fonctionnalité stupéfiantes.  Des cuvons mobiles de 7 hl, hissés par des palans, acheminent les baies dans les cuves, sans action de pompage. La zone de réception de vendange et conçue pour accueillir également la ligne de mise en bouteilles. Grâce à sa toiture à redans composée d'une succession de toits à deux versants et à la large surface vitrée de sa façade nord, le cuvier permet d'évoluer dans un environnement baigné de lumière naturelle. Le chai souterrain possède une grande inertie thermique, la voûte en maille inox masque les équipements techniques.

 

 

Après cette visite, plus assez de temps pour la dégustation que nous ferons à table au café Lavinal, attenant au château. Les vins nous sont généreusement offerts. 

Nous goûtons successivement : Blanc de Lynch-Bages 2025 (sauvignon, sémillon et muscadelle), Château Haut-Batailley 2018 (59% cabernet-sauvignon et 41% merlot), Château Ormes de Pez 2017  (51% merlot, 42% cabernet sauvignon, 6% cabernet franc et 1% petit verdot) et 2014, Château Lynch-Bages 2014 (26% merlot, 69% cabernet sauvignon, 3% cabernet franc et 2% petit verdot) et 2007.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelle journée !

 

Mercredi 27 mai 

Nous partons pour l'appellation Pauillac, où de grandes propriétés viticoles apparaissent aux 17ème et 18ème siècle. Le vignoble couvre environ 1200 ha, entre au nord la jalle du Breuil qui le sépare de Saint-Estèphe et le ruisseau de Juillac qui le sépare de Saint-Julien. Le sol est fait de croupes essentiellement constituées de graves garonnaises plus ou moins sableuses, sur un sous-sol de marnes plus ou moins calcaires.

Nous sommes attendus au Château Duhart-Milon. Au 18ème siècle, les vignes de Milon étaient destinées à fabriquer le second vin de Château Lafite. Le domaine prend le nom de Duhart-Milon en 1868 suite à plusieurs successions. Il est racheté par la famille Rothschild en 1962. Il ne reste alors que 17 ha, il couvre aujourd'hui 76 ha, 67% plantés en cabernet-sauvignon et 33% en merlot sur un terroir de graves fines mélangées à des sables éoliens sur du calcaire. La famille Rothschild a mis en place un système de drainage. Le domaine est voisin de Lafite Rothschild et les 2 domaines sont travaillés par les mêmes équipes. La vinification se déroule au coeur de Pauillac, à quelques minutes des quais.

Eric de Rothschild a passé la main à sa fille Saskia.

Tous les fûts sont fabriqués sur place par la tonnellerie DBR (Lafite). 

 

 

La maison figurant sur l'étiquette du vin appartenait à un ancien propriétaire, Sir Duhart, et était surnommée "la maison du pirate" en raison de ses liens avec la contrebande en haute mer, elle n'existe plus.

Seul quatrième cru classé de Pauillac, composé jusqu'à 85% de cabernet sauvignon certaines années, élevé en moyenne 14 mois en barriques (dont 50% de fût neuf)

Deuxième vin : moulin de Duhart, généralement composé d'environ 55% de cabernet sauvignon, élevé environ 10 mois en barrique, généralement de chêne de de 2 ans

Le domaine produit également le Baron de Milon, issu des plus jeunes vignes et destiné à être consommé jeune.

Nous sommes conviés à goûter le Blanc de Duhart Milon 2025 (65% de sémillon, 30% de sauvignon blanc et 3% de sauvignon gris), puis le Château Duhart-Milon 2019 (70% cabernet-sauvignon et 30% merlot, 50% en fût neuf). Nous déjeunons au domaine, partage de planches savoureuses servies avec le blanc 2024 et le Moulin de Duhart 2020.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On nous attend au Château Mouton-Rothschild, pas question d'être en retard.

Premier cru classé de Pauillac, Château Mouton-Rothschild compte 90 ha de vignes, 81% plantés en cabernet-sauvignon, 15% en merlot, 3% en cabernet-franc et 1% en petit verdot. Un peu de carmenère a été réintroduit. L'âge moyen des vignes est de 44 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le château prit son nom actuel après son acquisition en 1853 par le baron Nathaniel de Rothschild. Il fallut attendre 1922 pour que le baron Philippe de Rothschild, tout juste âgé de 20 ans, prenne en main la destinée du domaine, sa fille Philippine et maintenant ses 3 enfants lui ont succédé.

 Mouton Rothschild est aussi un espace d'art et de beauté grâce à son spectaculaire grand chai, à son magnifique cuvier gravitaire inauguré en 2013, construit sur 2 niveaux reliés par d'élégants piliers métalliques, contenant 44 cuves en bois de chêne et 20 en inox et à son musée du Vin dans l'Art qui réunit deux millénaires d'objets précieux.

Seul le vin issu des cuves les plus exceptionnelles est retenu pour l'assemblage du premier vin, ce qui représente environ la moitié de la production. Il est élevé une vingtaine de mois en barriques de chêne neuves dans la tradition médocaine, notamment collage au blanc d'oeuf.

Le Petit mouton de Mouton Rothschild, second vin, provient notamment des vignes les plus jeunes, vendangées avant les autres.

Les cuves restantes sont utilisées pour le vin de marque "Pauillac baron Nathaniel".

"Aile d'argent" couvre 7 ha sur le domaine. Le sol sablo-graveleux est planté de sauvignon blanc ou gris (56%), sémillon (43%) et muscadelle (1%). Le vin est élevé pour 50% en barriques de chêne neuves.

 

Depuis chaque année, un artiste célèbre réalise  pour l'étiquette une oeuvre originale qui constitue maintenant une incroyable collection où l'on retrouve Miro,  Chagall, Braque, Picasso ...

 

Notre hôtesse, d'une très grande gentillesse, connaît parfaitement l'histoire de la famille et du

domaine.

Elle nous convie à une dégustation, tout est beau là aussi.

Nous goûtons successivement Château d'Armailhac 2019 (62% cabernet-sauvignon, 27% merlot, 9% cabernet franc et 2% petit verdot), Château Clerc Milon 2016 (55% cabernet-sauvignon, 29% merlot, 13% cabernet franc et 2% petit verdot, 1% carmenère), Petit Mouton 2015 (78% cabernet-sauvignon, 17% merlot, 5% cabernet franc) et Mouton Rothschild 2014 (93% cabernet-sauvignon, 7% merlot).

Nous sommes en retard, nous devons rejoindre notre prochaine étape, Château Beychevelle. Nous sommes maintenant dans l'appellation Saint-Julien, située entre l'appellation Margaux au sud et Pauillac au nord. La commune de Saint-Julien couvre 910 ha et rassemble à elle seule 6 crus classés, regroupés sur 2 croupes d'environ 20 m d'altitude, celle de Beychevelle au sud et Saint-Julien au nord.

Le château de Beychevelle est une magnifique demeure construite aux 17ème et 18ème siècle sur 250 ha dont 90 ha de vignes. Selon la légende, le duc d'Epernon impose que les navires passant devant le château baissent leurs voiles en signe d'allégeance, d'où le nom de Beychevelle, signifiant "baisse-voile". Après avoir appartenu à d'illustres propriétaires, le domaine est vendu en 1986 à la GMF, puis au groupe Castel associé au groupe japonais Suntory en 2011. L'univers des voiles, du bateau et plus largement du voyage a guidé l'architecte Arnaud Boulain dans sa réalisation du nouveau chai.

 

 

 

 

 

 

 

L'encépagement est typiquement médocain : 62% de cabernet sauvignon, 31% de merlot, 5% de cabernet franc et 2% de petit verdot. Une partie du vignoble est traitée en agriculture biologique. L'élevage est fait en bois neuf pour 70% pendant 18 mois.

 

Le château produit  3 vins : Château Beychevelle classé 4ème grand cru, un second vin "Amiral de Beychevelle" et un Haut-Médoc "Brulières de Beychevelle". Notre hôtesse nous convie à goûter "L'Amiral de Beychevelle" 2020 (51% de cabernet-sauvignon, 43% de merlot et 3% de cabernet franc) et "Château Beychevelle" 2019 (46% de cabernet-sauvignon, 49% de merlot et 5% de cabernet franc).

 

 

 

Après une belle journée chargée en émotions, rien de mieux pour nous revigorer qu'un magnum de Puligny-Montrachet 1er cru les Champs Gains 2022, offert par l'ami Guy dans les salons de l'hôtel.

 

Jeudi 28 mai : découverte de l'appellation Margaux

Cette appellation s'étend sur 4 communes (Arsac, Soussans, Margaux-Cantenac, Labarde) sur 1500 hectares regroupant 62 propriétés où l'on retrouve toute la palette des Grands crus classés.

Nous nous partageons en 2 groupes : château Malescot-Saint-Exupéry ou château d'Issan.

Le Château Malescot Saint-Exupéry est acheté en 1827 par le comte Jean-Baptiste de Saint-Exupéry, arrière-grand-père de l'aviateur qui ajoute son nom au château. Propriété familiale depuis 1955, il est actuellement géré par Jean-Luc Zuger, secondé par sa fille Léa. Ensemble, ils ont adopté pour devise "Semper ad altum", toujours plus haut. Michel Rolland fut l'oenologue conseil très regretté du domaine.

La propriété compte 28 ha de vignes. Il est classé troisième cru de Margaux. En tant que voisin du célèbre château Margaux, il dispose d'un remarquable terroir, l'encépagement est 50% de cabernet-sauvignon, 35% de merlot et 10% de cabernet franc et 5% de petit verdot. Le vin est élevé en barriques à 70% neuves sur lies fines pendant 12 à 14 mois.  avec un minimum de 70% de premier vin. Le second vin s'appelle la "Dame de Malescot".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Léa nous accueille, nous avons une discussion très intéressante sur la viticulture en Bordelais et ses différentes problématiques. Elle nous convie à goûter Château Malescot 2019 (54% de cabernet-sauvignon, 35% de merlot et 6% de cabernet franc et 5% de petit verdot). 

 

 

Le Château d'Issan, construit au XVème siècle et entièrement entouré d'eau, est un  des plus anciens domaines du Médoc. Vignoble de 70 ha (55 ha de Margaux, 5 ha de Haut-Médoc et 10 ha de Bordeaux supérieur) sur 2 types de sol, 100% argile ou argilo-calcaire. Il connut de nombreux propriétaires, devint le vin préféré de l'empereur François-Joseph d'Autriche, d'où la devise du domaine "Regum mensis aris que Deorum", pour la table des Rois et l'autel des Dieux. Il est maintenant propriété de la famille Cruse depuis 1945 qui modernisa le chai, restaura le château et replanta le vignoble. Il est à 50%  en co-propriété avec  la famille Lorenzetti depuis 2012. 

Troisième grand cru classé.

En 2020, pendant le confinement, l'idée naît de créer un vin blanc sur une parcelle de 1,7 ha le long de l'allée principale du clos historique, premières vendanges en 2023.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre hôtesse Clarisse nous convie à la dégustation : 

- Blason d'Issan 2023, 2ème vin du domaine (49% de cabernet-sauvignon, 48% de merlot et 3% de malbec), 35% de barriques neuves

- Château d'Issan 2023 (70% de cabernet-sauvignon, 25% de merlot et 2,5% de cabernet franc et 2,5% de petit verdot)

- Blanc d'Issan 2024 (35% de viognier, 35% de roussanne), 20% de marsanne et 10% de rolle).

Après avoir déjeuné au bistrot Le Savoie à Margaux, nous nous rendons au Château Siran à Labarde.

La famille Toulouse-Lautrec fut autrefois propriétaire du domaine. Ce château appartient à la même famille depuis plus de 150 ans, la famille Miailhe, dirigé aujourd'hui par Edouard.

Sur une centaine d'hectares de bois, étangs, vergers et prairies, 37 ha sont plantés en vignes, dont 25 ha en appellation Margaux, sur des graves siliceuses. L'élevage du vin Château Siran se fait en barriques neuves à 35% pendant 12 à 14 mois.

Notre dynamique jeune hôtesse nous fait visiter le domaine, dont l'ancien cuvier en bois, le "chai des collections" regroupant une collection de plus de 300 objets autour du vin. Depuis 1980, Château Siran instaure une tradition familiale marquant chaque millésime d'une étiquette originale, mettant à l'honneur une thématique de l'année (chute du mur de Berlin, coupe du monde de foot, avènement d'internet ...)

Le domaine produit 4 vins : Château Siran caractérisé par un pourcentage élevé de petit verdot, un deuxième vin "S se Siran" majoritairement merlot, "Bel-Air de Siran" en appellation "Haut-Médoc" et "Saint-Jacques de Siran" en Bordeaux supérieur.

 

Nous sommes conviés à déguster 3 vins : Saint-Jacques de Siran 2019 (80% merlot, 9% cabernet-sauvignon et 10% de petit verdot), Bel-Air de Siran Les cyclamens 2022 (54% merlot, 46% cabernet-sauvignon), Château Siran 2021 (60% de cabernet-sauvignon, 28% de merlot et 1% de cabernet franc et 11% de petit verdot).

 

Dernière étape de notre périple, et pas la moindre : Château Brane-Cantenac.

Créé fin du XVIIème siècle par le baron Bertrand de Brane, il fut acheté par la famille Lurton en 1922. Nous sommes reçus par Henri Lurton, aujourd'hui secondé par sa fille.

Le domaine de 90 ha dont 70 plantés en vignes  se trouve pour 30 ha sur une croupe de graves fines avec des sols profonds où dominent les argiles. Derrière le parc sur une quinzaine d'hectares, on  trouve de gros galets mêlés de sables et graviers. Sur 13 autres hectares à Arsac la nappe phréatique est plus haute, ce qui fait le bonheur des Merlot.  Chaque parcelle, appelée terrasse, est gérée en micro-gestion. Chacun des vins représente une sélection parcellaire vinifié avec une approche différente. Depuis quelques années, une partie du domaine est replantée afin de convertir la production vers une agriculture biologique. Le cuvier a été entièrement rénové alliant la technologie de pointe et la réduction de l'empreinte écologique.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'encépagement est 55% de cabernet-sauvignon, 40% de merlot, 4,5% de cabernet franc et une rare touche de carmenère. L'élevage dure 18 mois en moyenne en barriques neuves à 70%.

Deuxième grand cru classé de Margaux.

Le domaine produit 3 vins : Château Brane-Cantenac,  le second vin "Baron de Brane" (élevé comme le Grand vin mais seulement 12 mois avec 30% de bois neuf),"Château Notton" et Baron de Blane blanc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une très belle visite du domaine, Henri Lurton nous convie à goûter 3 vins : Baron de Brane 2018, Château Brane-Cantenac 2018 et Baron de Brane blanc 2023 (sauvignon blanc, sémillon et muscadelle).

Et maintenant, nous sommes invités à passer à table, on se croirait dans un repas de famille. Très belle soirée où nous avons la chance de goûter un château Brane-Cantenac 2015 et 2005.

 

 

 

 

 

 

 

Magnifique voyage, entièrement dû à Jacqueline, merci de tout coeur.

 

Rédigé par Isabelle

Publié dans #congres

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A
Belle rétrospective ! Merci !à Isabelle et Mimi pour les textes(concis et précis) et de belles photos souvenirs!
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